@Malo.nft : Créateur de NFT

Lexique

Pas toujours facile de s’y retrouver dans la tech ! Alors on vous a simplifié quelques définitions. Prenez le temps de les lire, acceptez de ne pas tout savoir sur ce vaste sujet et soyez curieux.ses ! 🙂

NFT – De l’anglais Non fungible token, un Jeton non fongible (non interchangeable avec un autre même type de jeton) est un certificat qui permet de donner une identité numérique unique à un objet physique ou non.

Blockchain – Simplement une technologie de stockage et de transmission d’informations, prenant la forme d’une base de données. Un peu comme un excel partagé simultanément avec tous les utilisateurs afin de vérifier que ses données soient valides en permanence et infalsifiables. Certaines sont décentralisées, c’est à dire qu’elles n’ont pas une seule entité pour les contrôler mais une multitude.

Web3 – Version décentralisée d’internet et basée sur la tokenisation de pleins de fonctions d’internet. Permet des applications entièrement autonomes et de financer le web autrement que par la publicité.

Malo_NFT

Présentation de Malo, alias @malo.nft – Créateur de NFT

J’ai 24 ans, je suis étudiant en architecture d’intérieur, également créateur d’illustration et de logo.

J’ai découvert les NFT en Janvier 2021 sur les réseaux sociaux par hasard. D’abord via des projets comme Bored Ape Yatch Club (Un énorme succès dans le monde des NFTs). J’ai découvert très tôt le potentiel de pouvoir créer des illustrations en édition limitée, comme des tirages d’arts numérique.

8 mois plus tard, une fois la technologie (la blockchain) enfin maitrisée et après avoir testé des tas de services en cryptomonnaie et web3, je décide de sortir mes premières illustrations numériques appelées NFT sur Solana (une blockchain reconnue) afin de profiter de frais de transaction plus faibles que le leader (Ethereum, l’une des blockchains les plus utilisées au monde pour créer des programmes). Pour commencer, j’avais mis en vente seulement 5 illustrations pour 5 exemplaires chacune, sans aucune prétention ni publicité. Prix de base uniquement 35$. Les ventes commencent doucement mais sûrement, rien de fou pour le moment. J’étais déjà content que cela fonctionne.

Je décide alors de faire un giveaway (un jeu concours sur Twitter pour offrir des illustrations), et là tout s’accélère. À peine le concours démarre, les œuvres sont déjà quasiment toutes parties de la plateforme. Les retours était hyper chaleureux car les illustrations changeaient des pixels et de la mode cypherpunks qui domine actuellement le marché.

Cela a tellement fonctionné que j’ai été obligé de m’acheter mon propre NFT pour garantir que le gagnant du concours que j’organisais puisse avoir son lot. Cela reste incroyable pour un simple étudiant qui débute dans les NFT d’avoir un tel engouement pour son projet, vous ne trouvez pas ?

Ma première vraie collection de NFT

Il s’agit pour l’instant uniquement de création artistique. Les 64 Crystal Skulls sont ma première vraie création de collection complète avec des partenariats sérieux comme Hellmouth du journal du coin. Tout est parti en 15 minutes ! Un vrai succès.

Depuis, j’ai structuré mon projet avec des ventes régulières, partie par partie. En effet, afin de maintenir ma propre motivation, je préfère les sortir au fur et à mesure. Rien ne m’y oblige mais cela participe également à maintenir l’intérêt de ma communauté. Je propose donc régulièrement des nouveautés et c’est toujours un challenge de me renouveler. Il y a un vrai engouement pour mes créations. Il y a beaucoup de demandes, même pour une collection simple.

Crystal Skulls

Il se passe quoi si tes œuvres sont revendues ?

L’avantage des NFTs, c’est qu’il est possible de programmer des “royalites” automatiquement quand le NFT est échangé sur une marketplace (site web où les NFTs sont vendus, comme Opensea). Là ou en illustration habituellement, il s’agit de 2 à 5%, quand il y en a, et seulement si l’auteur sait que l’illustration est réutilisée… Dans les NFTs, il est possible de mettre le pourcentage que tu souhaites et de garantir qu’il sera bien transmis au créateur de l’illustration. En moyenne, il s’agit de 10% pour les œuvres. Par exemple, en 3 mois j’ai déjà touché plus de 500€ de royalties car mes créations changeaient de main.

Il y a bien sûr de la spéculation : certain.es les ont revendues plus cher très vite après l’achat. Ce qui fait monter artificiellement le prix. Mais ce n’est pas l’essentiel des ventes. En effet 80% des gens ont acheté pour me soutenir dans mon projet ainsi que pour l’œuvre en elle-même. Ces gens là conservent l’oeuvre tant qu’ils l’apprécient et peuvent même l’utiliser dans certains logiciels (par exemple : les photos de profil Twitter en NFT ou dans un Métaverse comme Decentraland).

Pourquoi y-a-t-il des œuvres très simples qui se vendent aussi cher en NFT de nos jours ?

Aujourd’hui, la communauté NFT et Web3 en général a un vrai respect pour les créatifs et les artistes en général. Nous sommes vraiment soutenu.es. Ce que l’on ressent dans le monde physique est presque opposé… Difficile de vivre de l’illustration sans devoir travailler dans la publicité ou la conception de logo de nos jours. La philosophie de la blockchain, du web3 invite à respecter le temps investi, à redistribuer la valeur aux créateurs. C’est vraiment une philosophie ancrée dans le milieu.

Il faut cependant beaucoup de travail pour pouvoir réussir à percer dans ce type de projet car même s’il reste de la place, il y a beaucoup beaucoup d’autres artistes qui se lancent. Donc même si l’œuvre est simple en elle-même, il y a tout un travail invisible pour connaître le milieu, mettre en place le projet et le rendre réellement visible auprès des communautés du Web3 afin de pouvoir vraiment en vivre et de faire perdurer ses créations.

C’est possible d’avoir tes œuvres en physique ?

Certain.es de mes abonné.es l’ont fait oui ! Iels utilisent des services spéciaux qui vont créer des pièces sur mesure avec un QR code pour renvoyer vers le certificat numérique. Iels se retrouvent ainsi avec un objet collector qu’iels peuvent utiliser en décoration. Je pense qu’à l’avenir, cela se fera de plus en plus !

 

As-tu rencontrés des difficultés dans ton projet de NFT ?

Premier problème pour moi, c’est quand j’ai sous-estimé la valeur de mes œuvres. En effet, on me recommandait de vendre beaucoup plus cher mes toutes premières créations. Moi, je voulais garder une certaine accessibilité. Je suis étudiant, donc j’ai conscience que 150€ pour une illustration, ce n’est pas forcément donné à tout le monde. Sauf que lorsque l’ensemble de ma collection est partie en 15 minutes, je me suis vite retrouvé sans rien à distribuer. Cela donnait l’impression que ma collection était “cheap” alors qu’il y avait vraiment un gros boulot dessus.

Second problème, c’est que la première plateforme que j’ai utilisé pour mes premiers NFTs a fermé. Oui c’est l’un des risques, si la plateforme ferme, les NFTs, eux, peuvent devenir inutilisables pour un moment – à l’avenir, une technologie corrigera sûrement ce problème. Aujourd’hui, une plateforme sert d’intermédiaire pour acheter et revendre ses NFTs, ainsi que pour créer le contrat qui va protéger l’image et ses propriétés. C’est vraiment elle qui permet d’afficher, d’échanger très facilement les NFTs sans même savoir coder. La fermeture de la plateforme a fait disparaître tous mes fichiers, tous mes visuels… Panique, j’avais une cinquantaine de mes acheteurs qui ne pouvaient plus afficher et échanger leurs NFTs. Il fallait réagir extrêmement vite pour ne pas casser ma réputation et que mon projet puisse continuer d’exister. Cerise sur le gâteau, j’étais en examen pendant cette période… autant dire que ce n’était pas facile pour moi ! J’ai donc demandé un sursit à ma communauté afin d’avoir le temps de gérer le problème, et finalement ce sont ses membres qui m’ont dit de prendre mon temps. Avec de l’aide, j’ai pu trouver une solution pour rappeler l’ensemble de ma collection qui était en défaut afin de la réparer. Difficile de contacter tout le monde, nous n’avons pas toujours les adresses de chacun.e. Il fallait alors trouver une solution pour que tout le monde puisse avoir de nouveau son NFT fonctionnel. Et pour cela il fallait retrouver les acheteurs.

Grâce à ma communauté, j’ai organisé un jeu pour m’aider à retrouver les derniers propriétaires dont je n’avais pas les adresses. Et nous avons réussi !

Un fort aspect communautaire

Je n’ai jamais été seul ! Quelle blockchain choisir ? Comment ça fonctionne ? Comment créer des NFTs ? Comment résoudre un problème ? La communauté française blockchain est vraiment très présente. Elle est là pour toutes les étapes et aide gratuitement les débutants à se lancer. J’ai toujours été accompagné par des gens bien intentionnés, compréhensifs. Bien sûr, il y a aussi des arnaques, mais heureusement, il n’y a pas que ça. J’ai vraiment été épaulé pour comprendre, déployer mon projet et dans les galères aussi.

Aujourd’hui, comment es-tu payé ?

Ma clientèle de designer graphique est liée a ma communauté Twitter. Comme je commence à me faire connaître parmi les comptes et entreprises qui travaillent dans la blockchain, certains me demandent des contrats classiques de freelancing. La particularité, c’est qu’ils sont intégralement payés en cryptomonnaies.

La vente de mes NFTs est également en cryptomonnaie. Mes projets ont vraiment bien fonctionné, tellement que pour l’anecdote, j’ai aujourd’hui plus d’épargne en cryptomonnaie qu’en euros, le comble pour un étudiant de 24 ans. (je ne roule pas non plus sur l’or, donc ce n’était pas un challenge difficile). Pour le moment, je vois ça comme un investissement long terme, plus qu’une épargne classique. Je le conserve précieusement pour le revendre plus tard.

Par la suite, je pense me lancer totalement à mon compte. Challenge, je me laisse quelques années pour être designer et artiste NFT en pleine autonomie. Je monte déjà des projets avec des partenaires en prévision de la fin de mon Master, j’aurai beaucoup plus de temps pour gérer tout ça.

Comment débuter dans les NFT en tant qu’illustrateur ?

Beaucoup de gens me demandent, mais peu s’y lancent réellement. On me pose plein de questions, mais tout le monde procrastine à tester les outils. Le conseil que je donnerai pour se lancer, c’est d’expérimenter pour avoir le pied dedans et réellement s’informer. Il faut accepter d’avancer à l’aveugle au début et d’investir petit à petit. Mais testez, lancez vous ! Ne remettez pas à demain !

J’ai acquis des tas de connaissance via ce projet, des bases de finance, de cryptomonnaies, de NFT… Vraiment, le fait d’investir m’a permis d’apprendre énormément de choses utiles pour mes projets futurs.

Retrouvez moi sur Twitter : https://twitter.com/malo_nft

Un autre article, au hasard ! 🔎

7 Commentaires

  1. Alpha

    Son expérience de « respect des artistes » ne reflète pas vraiment la réalité de beaucoup d’artistes dont les oeuvres sont mint sans leur autorisation (au point que des sites comme deviantart ont vu un filon et monétisent un service pour les détecter).

    Et c’est sans vraiment questionner que ce type de NFT se repose toujours sur des principes d’appartenance (non reconnue légalement) de ce qui n’est au final qu’un lien vers un reçu de transaction, et de rareté digitale plus que discutables d’un point de vue utile.
    Toutes les transactions telles que celles décrites dans cette interview ont actuellement l’air de se baser uniquement sur la promotion même de ce modèle économique plutôt que sur une envie réelle de posséder un NFT, tous les comptes qui mettent en avant leurs achats ne le font que pour augmenter en valeur leur propre NFT (avec des achats souvent entre complices dans un premier temps pour gonfler le prix) dans l’espoir de les revendre à d’autres personnes ayant peur de passer à côté d’une opportunité, stratégie souvent décriée dans des systèmes multi-niveaux prédatoriaux.
    Je suis également perplexe quant à leur réelle valeur. Comme tout se passe via la cryptomonnaie, qui n’est pas encore bien implémentée dans la vraie vie et dont la valeur fluctue beaucoup, quelle garantie y a-t’il que la valeur attribuée à un NFT possédé puisse réellement être bénéficiaire à l’acheteur même s’il devient vendeur, et non pas demeurer une somme abstraite, telle l’argent dans un jeu vidéo, qui ne puisse être dépensée que dans encore d’autres NFT, bloquée dans le système ? Et même si des possibilités existent, j’imagine (une recherche en ligne m’a surtout montré beaucoup de services qui taxent allègrement et proposent des prêts suspects) peut on vraiment faire confiance à un modèle économique où la fluctuation se passe à tous les niveaux (fluctuation de valeur du NFT, fluctuation de la crypto utilisée, fluctuation de l’argent « réel ») ? J’imagine qu’en effet une poignée de chanceux et/ou connaisseurs arriveront à trouver le bon moment où effectuer les transactions, mais ça me parait dangereux pour l’utilisateur moyen. Sans parler que la fraude est omniprésente actuellement, puisque dès l’instant que quelqu’un arrive à accéder à ton portefeuille, les transactions effectuées sont considérées comme légitimes et très difficiles à combattre (au point que certains utilisateurs ont du payer pour récupérer ce qui leur avait été volé). Il y a même un gros précédent d’utilisation de ces transactions pour faire du blanchiment d’argent.

    Je ne rejette pas en bloc la technologie, elle peut avoir une application concrète au niveau de la confidentialité et de la sécurité, et certaines idées (comme le principe de rémunérer les artistes à la revente) pourraient être quelque chose d’applicable dans d’autres domaines également. Mais en l’état le milieu des NFT, dans sa forme de jeu de la patate chaude où il faut toujours trouver un plus gros pigeon, ne me semble être qu’une extension d’un problème systémique que l’on a déjà dans la vraie vie (les premiers arrivés prennent du pouvoir et s’enrichissent, les suivants essaient de survivre en récupérant des miettes, avec des protections minimes), et le reproduire dans les milieux digitaux ne me semble ni souhaitable, ni à encourager. Et c’est sans même aborder une seul fois l’impact environnemental.

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    • Yan

      Les mêmes craintes qu’avec Internet il y a 20 ans. Au final, c’est normal. C’est simplement un cycle d’innovation. Les débordements seront nombreux, mais la création aussi. Ainsi naissent les nouvelles pratiques créatives, un mix d’ancien et de nouveaux comportements. Cela va générer de l’open source, des connaissances émergeront. Pas à pas.🐾

      1) L’argument environnemental ne me semble pas pertinent, car dans ce cas là pourquoi continuer à poster sur Facebook puisque cela pollue énormément pour quel intérêt ? Pourquoi utiliser une carte bleue, cela pollue ? Etc… Je ne trouve pas logique de reprocher un impact environnemental a une technologie avant même de connaitre ses applications futures.🤔 Surtout quand dans le cas présent, des tas de projet émergent avec de faibles consommations. Mesurer l’impact afin de faire mieux et de faire un choix oui. (Exemple utiliser https://www.ecosia.org/ parce que l’impact mesuré est plus intéressant que Google, pourquoi pas.) Pointer du doigt toute activité humaine sans avoir de data fiable juste pour dire que ça pollue je ne comprends pas le but ! Pourquoi continuer d’utiliser Facebook quotidiennement si la préoccupation est la pollution numérique ? Soyons logique.

      2) As-tu testé des plateformes NFTs ? As-tu déjà testé des usages concrets ? Si non, je t’invite à regarder (si le sujet t’intéresse) et surtout à tester des usages ! Il faut tester !

      Plus largement concernant la blockchain, connait tu par exemple l’excellent projet https://monnaie-libre.fr/ ?
      Il y a également l’association / le meetup https://blockchainsociete.org/ pour évoquer des sujets techs de façon ludique et très accessible, débattre sur des nouveaux comportements. L’important est vraiment de vulgariser, comprendre, mesurer, tester, discuter, transmettre… Afin de pouvoir se faire un réel avis sur ces questions. L’innovation sera sociale principalement, pas que technologique car spoiler on pouvait déjà faire des certificats avant la blockchain. Ce qui nous intéresse vient des possibilités de coût énergétique bien plus faible que des systèmes classiques pour une fiabilité très intéressante. Ce n’est pas tout noir ou tout blanc. Mais pour s’en apercevoir il faut plonger au cœur de l’écosystème. 🙂

      3) L’aspect communautaire et décentralisé est quand même plus intéressant que l’aspect spéculation. Oui le Web3 est avant tout sur l’échange de valeur, la monétisation. Mais et si on regardait un peu plus loin ? Pourquoi ne pas évoquer toutes les possibilités liés aux organisations communautaires autour des projets NFT? C’est quand même plus intéressant que de rester bloquer sur le sujet des dérives de la spéculation. (et qui existe dans tout les domaines, mêmes les LEGOS et les cartes Pokémon y sont soumis.) Quand un artiste peut développer des projets sans éditeur, sans salariat, en constituant une communauté et de la confiance à travers le monde entiers via des illustrations, il s’agit quand même là d’un sujet captivant. Parlons en ! 😁

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      • Alpha

        Evidemment que les changements technologiques effraient, mais Internet promettait des bénéfices bien plus concrets et transparents que cette forme spécifique de NFT. Encore une fois je ne jette pas la technologie dans son ensemble mais l’utilisation vantée dans cette interview .
        (Et pourquoi ceci en particulier génèrerait de l’open-source d’ailleurs, quand le principe même de cette forme de NFT est la propriété et la monétisation ? Est-ce que ce n’est pas totalement contradictoire ?)

        1) L’argument environnemental était très secondaire dans mon propos, justement. J’ai voulu mettre en avant d’autres problèmes au lieu de l’évidence pour aborder les choses sous un autre angle. Mais si tu comptes amener ce sujet sur le tapis, hé bien peut-être que tout simplement on ne peut pas se permettre ce genre de nouvelles fantaisies à ce stade de l’urgence écologique mondiale, surtout dans un intérêt purement pécunier ? Peut-être qu’on ne peut pas se permettre d’attendre que les technologies liées à tout ça évoluent et réduisent potentiellement, un jour, leur consommation, tout en les laissant tourner à bloc, quand elles consomment actuellement plus d’énergie que visa, justement, pour un usage bien inférieur ?
        https://www.banklesstimes.com/cryptocurrency/nft-transactions-are-160000x-more-energy-intensive-than-visa/
        Ralentir des systèmes énergivores déjà présents est déjà assez compliqué. Il est par contre déjà plus accessible de freiner des choses qui viendraient s’y greffer.

        2) Mauvais argument, désolé. On ne va pas « tester » quand on est opposé à quelque chose sur un plan éthique. On peut se renseigner sans devoir contribuer à ce qu’on voit comme un problème. Et puis le fait de « tester » soi-même n’a jamais été en soi un bon outil de mesure pour l’impact global d’une chose, vu que nous sommes forcément tous biaisés par notre vécu.

        Et est-ce que justement le fait que tout ce milieu soit aussi opaque, où l’argument est toujours « tu peux pas comprendre si tu viens pas dessus » n’est pas une partie du souci ? C’est aux gens de ce milieu de justifier pourquoi l’adoption de ce modèle devrait se faire, pas aux autres de s’y plier, et quand je vois à quel point tous les dialogues en ligne se basent sur la « confiance » et exploitent le Fear of Missing Out, ça a limite l’air volontaire que tout soit obscur. Donnez-en nous, des usages concrets, au bout d’un moment, qui ne soient pas juste basés juste sur « je possède ce truc et c’est bien ».

        Si des assos et meetups existent qui examinent des usages plus éthiques, ben tant mieux, mais ça reste aussi totalement parallèle aux ventes de NFT totalement « ornementaux » (pas forcément le meilleur mot pour le dire) qui sont omniprésentes et en attendant tentent juste de se faire une part du gateau. Ce dont cette interview fait la promotion.

        3) Quelle communauté ? Quelle confiance ? C’est très utopique tout ça, mais quand TOUT le principe tourne autour de la monétisation, avec plusieurs couches successives de spéculation à prendre en compte, et où 99% des communications sont là pour appeler à l’investissement dans une poudre de perlimpinpin dont on te vend les bénéfices à l’aveugle, ta « communauté de confiance » qui défend son intérêt individuel (composée en grande partie de grandes fortunes mondiales, hein, c’est documenté, paye ta décentralisation) ce n’est plus un cercle d’amis mais un conseil d’administration. Et c’est encore plus apparent dans le modèle pay-to-earn où des groupes sociaux finissent par se former, où des gens en bas de l’échelle passent des heures sur ce qui devient un vrai bullshit job pour essayer d’obtenir un gagne-pain (sans aucune protection sociale, un peu à la manière dont Uber exploite ses livreurs en somme…) alors qu’une minorité se remplit les poches.

        Des méthodes pour que les artistes puissent développer leurs projets sans dépendre d’un éditeur traditionnel ou du salariat, il y en a déjà, comme le crowdfunding (évidemment pas parfait non plus, mais qui se base lui beaucoup plus sur la confiance et où les gens n’attendent pas de retour financier sur investissement), et ça sert généralement à financer des choses bien plus concrètes qu’une énième collection d’assets digitaux à l’unicité subjective qu’une personne pourrait ensuite, éventuellement, théoriquement, développer en quelque chose de plus (suffit de voir les bored apes qui se dépêchent de sortir des médias fais à l’arrache pour se légitimiser…).

        Donc oui évidemment que les dérives de la spéculation existent dans tous les domaines (et ça pose AUSSI des problèmes fondamentaux dans ces domaines), mais quand 99% de l’utilisation faite d’une technologie est basée sur ce genre de pratiques, il faut peut être prévenir les gens de ces pratiques en premier lieu avant d’essayer de s’émerveiller béatement devant le potentiel théorique. Le milieu actuel de la vente de NFT est pourri par des fraudes, instable et prédatorial. Je suis venu mettre en garde de ça.

        À vous ensuite de nous montrer que vous pouvez ensuite faire quelque chose de bénéfique de cette technologie.

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        • Yan

          Les chiffres sur la consommation que tu montres c’est ETHEREUM en Proof of work. Cette blockchain est déjà entrain d’étudier un changement en Proof of Stake pour diminuer la consommation électrique. C’est en cours actuellement. La legislation et les usages adaptés arrivent. Tout comme les législations adaptées sont entrains d’être travaillée pour pouvoir s’adapter aux usages.✔️📜

          D’où le fait que pour savoir ça, il faut s’y intéresser et l’utiliser maintenant pour garantir des usages intéressants pour demain. Rester curieux et essayer, plutot que de se concentrer sur le mauvais. 😊

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          • Alpha

            On remarquera surtout que tu n’as toujours répondu qu’à un seul et unique fait que je cite, toujours le seul et même sur lequel tu t’es concentré dans ta première réponse, alors que j’avais moi-même dit que ce n’était pas ce sur quoi je voulais m’attarder le plus.

            Et tu n’as toujours pas avancé de cas d’usage, d’utilité à la possession de cette forme de NFT, donc non désolé, je ne vais pas l’utiliser, et je ne conseillerai à personne d’investir dans ce genre de bêtises. J’ai été curieux, sinon j’aurai tout rejeté en bloc comme tu m’as toi-même dit que beaucoup le faisaient, mais au bout d’un moment il faut aussi savoir reconnaître quand on fait face à une arnaque ou au minimum une reproduction de schémas qui posent déjà problème dans la vraie vie (comme les MLM qui tatonnent les limites de la légalité).

            À vous de me donner tort. À vous d’améliorer les choses et présenter cas usages, des exemples, qui ont un réel intérêt et ne sont pas juste un puit spéculatif où on achète encore et toujours des variations d’une même base visuelle avec pour seule intérêt la possession en soi, ou des monnaies soi disant décentralisées qui ne font au final qu’enrichir encore plus les plus riches. La charge n’est pas au reste du monde d’aller dévouer consciemment son temps à un modèle louche, mais à vous d’y montrer un intérêt, et pour l’instant vous échouez. Bonne soirée, j’arrête là.

          • Yan

            Ce n’est pas non plus mon travail de convaincre quelqu’un qui ferme les yeux sur les nouveaux usages du web en brandissant un listing des usages illicites ou néfastes tel un bouclier… 🙈 Le détournement de tout et n’importe quoi pour faire des choses inutiles ou strictement contre la morale ce n’est pas la faute de la technologie, c’est un problème qui se situe entre le clavier et la chaise. Pense ce que tu veux, en attendant le reste du monde continuera d’expérimenter des choses et d’avancer. 😉

            Pour terminer, voici d’autres ouvertures sur les NFT :

            Le décentralisé & l’art : The Underground Sistine Chapel est un film documentaire français racontant l’histoire de la construction d’une Chapelle Sixtine moderne par Pascal Boyart
            https://www.youtube.com/watch?v=fsRFHmdiyGE

            Les attaques se multiplient contre la « communauté NFT ». Certaines de ces critiques sont fondées mais d’autres ne semblent parfois constituées que d’une haine profonde et injustifiée.
            https://journalducoin.com/nft/quelles-sont-les-valeurs-de-la-communaute-nft/

            Après le web statique (web 1.0) et le web social (celui d’aujourd’hui), place au Web3 ! Il est encore en pleine construction mais promet déjà un changement de paradigme : le web3 sera ouvert, autonome, collaboratif et reposera sur les Blockchains.
            https://info.lewagon.com/fr/web3iscoming

            Il y a des tas d’autres ressources passionnantes, j’encourage à aller se documenter sur des sources multiples.
            Soyons curieux & positif (Qui est imposé à l’esprit par les faits, l’expérience.) !

  2. Alpha

    Je le répète une dernière fois vu que tu as l’air vraiment décidé à me faire dire des choses que je n’ai pas dit: JE NE REJETTE PAS L’UTILISATION DU BLOCKCHAIN EN SOI. JE NE REJETTE PAS LA TECHNOLOGIE.

    Ce que je fais, c’est mettre en garde contre les fraudes, informer sur les faits que j’ai constaté en temps qu’artiste digital, questionner des arguments présentés et remettre en question un discours idéaliste. Présenter quelque chose comme la grande révolution à venir est fallacieux (je rappelle que l’internet des objets se désignait déjà comme le web 3.0). Comme tu le dis ce n’est encore que des expérimentations, seul l’avenir nous dira ce qui demeurera.

    C’est un peu ton job, si, si tu souhaites convaincre les gens d’une nouveauté, de répondre des mauvais côtés. Sinon on reste juste sur du « ça vous rapporter » et ça n’a jamais été une manière saine d’aborder la moindre nouvelle technologie. Merci pour les ressources, j’en prend note, mais l’une n’est plus ou moins qu’une success story de nft qui a rapporté (malgré le travail important réalisé je ne vois pas l’intérêt, ça fait poudre aux yeux douteuse, créer une oreuvre volontairement temporaire et dérivative pour ensuite venir faire payer des souvenirs comme on vendrait des porte-clés tour eiffel) et une autre invite à des séminaires plutôt qu’apporter des ressources réelles et ouvertes, on retombe dans ce côté de communication fermée trop proche des compagnies de Marketting Multi-niveau que je reprochais déjà plus tôt. La dernière m’a appris quelques choses, par contre.

    Il faut être positif mais pas naïf. Comme tu le dis le problème est entre la chaise et le clavier, sauf que ça reste des humains avec des valeurs spécifiques qui écrivent le code. Ils ont forcément des biais, et tout en étant curieux je n’ai pas à arriver à la même conclusion que toi.

    Réponse

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