Aya et Audrey, gérantes de la Bouquinerie Nantaise

Pouvez-vous nous expliquer vos parcours ?

Audrey – Au collège, quand j’ai dit que je voulais être libraire, on m’a répondu que ce n’était pas un métier… et que, comme j’étais douée en dessin et en maths, je n’avais qu’à faire designer. Donc j’ai fait ça !

J’ai fait 5 ans d’études supérieures pour être designer. J’ai trouvé assez rapidement du travail mais, malheureusement, la boite a fermé. Quand je suis allée à mon rendez-vous Pôle Emploi, on m’a demandé à nouveau : « Qu’est-ce que vous voulez faire ? », et là, j’ai redit libraire. Et cette fois, on m’a répondu : « Allons-y, on essaye ! ». Donc j’ai fait des stages en librairie, et j’ai commencé dans la foulée à faire des remplacements à la Bouquinerie Du Centre. C’est comme ça que j’ai commencé à travailler en bouquinerie [ndlr : commerce de livres d’occasion]

Audrey, gérante de la Bouquinerie Nantaise

Je voulais juste vendre des livres, et j’avoue qu’au début, les nouveautés me manquaient un peu. Quand vous vendez des livres neufs, on vous attribue souvent un rayon en particulier (polar, fantasy etc.). Il faut se tenir au courant de toutes les nouveautés. Les piles de « livres à lire » pour moi, c’est l’angoisse ! J’avais peur de me lasser de ma passion d’origine.

L’avantage à la Bouquinerie Nantaise, c’est qu’on gère chacune plusieurs rayons. On ne s’oblige pas à lire toutes les nouveautés. C’est même plutôt l’inverse : il vaut mieux avoir une idée des tendances générales. Avec le recul, c’est ce que j’aime le plus ! (…)

Aya –  Et puis, lire un livre qu’on a envie de lire et se le voir imposé ce n’est quand même pas la même chose ! C’est un peu comme à l’école.

Et toi Aya, quel a été ton parcours ?

Aya – Alors moi, j’ai étudié le japonais à la fac pour devenir traductrice et j’ai travaillé chez l’éditeur Nobi Nobi. Comme j’avais déjà travaillé dans une bouquinerie franco-japonaise, ça m’a permis de valoriser mon expérience dans le domaine, ma connaissance du marché parisien, comment ça fonctionne etc. (…)

On s’est rencontrées à la Bouquinerie Du Centre il y a… deux ans et demi maintenant ? Ah non ça fait 3 ans !

Audrey – Ah mais oui ! Tu as commencé en septembre !

Aya – Ouais ! Bon anniversaire ! [Rires]

C’est vrai qu’on travaillait plutôt bien ensemble. Et puis… on a été licenciées économique il y a deux ans…

Audrey – Euh… non, il y a un an, on a mis un an à ouvrir !

Aya, gérante de la Bouquinerie Nantaise

Justement, comment ça vous est venu ce projet de la Bouquinerie Nantaise ?

Aya – Quand notre ancien patron a annoncé la fermeture de la boutique où on travaillait, on s’est dit : « On veut absolument continuer à vendre des livres ! ». Et nous voilà ! Ça s’est vraiment concrétisé. On a commencé à chercher des formations en gestion et en comptabilité pour monter un dossier crédible.

Audrey – On ne pouvait pas réellement reprendre la boutique dans laquelle on travaillait mais on souhaitait rester bouquinistes donc c’était plus facile.

Aya – On avait déjà l’expérience, on connaissait le marché etc. C’était vraiment un avantage, surtout pour la réalisation de l’étude de marché.

Photo Bouquinerie Nantaise Intérieur

Tous les détails sur la Bouquinerie Nantaise

Amoureux de beaux livres, lecteurs passionnés, ou simple curieux, rentrez dans l’univers de cette bouquinerie atypique en plein centre de Nantes. ?

Depuis combien de temps avez-vous ouvert ? 

Aya – Ça fait depuis le 20 septembre 2018 donc environ un petit mois et demi à peu près ! 

Et comment s’est passé l’ouverture ?

Aya – Ça a été intense ! Au début, on a ouvert uniquement aux rachats pour remplir les étagères et constituer nos stocks. Mais les clients rentraient tellement naturellement en disant : « Vous ne vendez pas encore ? » qu’on a fini par ouvrir plus tôt que prévu.

Audrey – On avait constitué que 30% du stock, c’est-à-dire que toute la partie basse du magasin était vide ! On a continué à remplir les étagères au fur et à mesure. Les clients nous disent maintenant [ndlr : 7 novembre 2018] : « Ah oui on voit la différence ! Ça s’est rempli ! »  [Rires]

Vous attendiez-vous à avoir autant de monde dès l’ouverture ?

Aya – Autant de rachats, non. On se demandait si ça allait vraiment fonctionner ou pas. Est-ce qu’on allait avoir des clients ou pas ? On ne savait pas trop.

Audrey – On avait lancé une page Facebook et Instagram sans trop y croire. Or, les premiers à venir étaient des gens qui nous suivaient sur les réseaux sociaux. On se doutait aussi que la proximité avec le tram allait aider. On était hyper étonnées du nombre de personnes qui pouvaient nous suivre juste par curiosité, ou entrer par hasard.  

Aya – Il y a beaucoup de personnes qui nous ont dit : « Bah je vous ai vu du tram ! »

Audrey – J’ai vu de la lumière, je suis rentrée ! [Rires].

Quels types de bouquins vendez-vous ?

Audrey – On veut vraiment faire de tout, mais on a dû faire des choix. On s’est concentrées sur les livres contemporains en bon état. La petite originalité, c’est qu’on fait de l’informatique et du jeu de rôle. On n’a pas toujours un rayon aussi bien achalandé qu’on le voudrait mais on fait au mieux selon les arrivages.

Par exemple, au rayon manga, on a eu des lots intéressants dès les premiers jours ! Ce qui nous a permis d’avoir un rayon qualitatif très rapidement. L’avantage, c’est qu’Aya, elle connait tout : c’est la Bible du Manga ! On lui donne un titre, un auteur ou n’importe quoi, elle sait tout de suite de quoi ça parle et pour quel lecteur ce sera le plus adapté.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

Aya – Travailler avec les bouquins, le conseil… Ou quand un client rentre et qu’il vous dit : « Je cherche ça ». Vous allez en rayon pour vérifier et vous dites : « Je l’ai ! ». Et là woah, c’est magique !

Audrey – J’adore quand les gens nous emmènent un lot et qui est juste incroyable. On appelle ça « des petits Noëls ». C’est toujours sympa quand les gens amènent des lots hyper qualitatifs et qu’ils nous disent : « Ça, c’est juste du tri, des rebuts de bibliothèque… ». Woah… Si ça, ce sont vos rebuts de bibliothèque, je suis curieuse de voir le reste !

book GIFAudrey – D’ailleurs, on lit beaucoup pour trouver LE livre qu’on aura envie de conseiller à tout le monde.

Aya – On demande aussi à nos clients ce qu’ils ont aimé et sur quels critères. Ça nous aide à créer un profil de lecteur, à trouver des auteurs à peu près similaires pour s’adapter au goût de chacun. Généralement, le conseil que l’on donne, c’est de découvrir de nouveaux thèmes.

Quelle est la différence entre la vente de livres d’occasion et celle de livres neufs ?

Audrey – Par exemple en polar, on a plein de clients qui nous disent que, quand ils ne savent pas si un auteur va leur plaire ou non, ils préfèrent l’acheter d’occasion… Ça leur permet aussi d’alléger leur budget, surtout quand ils en lisent beaucoup.

Aya – Ce qui est difficile en occasion, c’est qu’on doit conseiller en fonction des arrivages. Par exemple, j’ai eu un monsieur qui voulait que je le conseille mais je n’avais pas forcément les livres que j’aurais voulu lui conseiller.

Par rapport à la librairie où on peut commander presque tout, c’est plus difficile. Il y a des gens qui notent le titre et qui reviennent la semaine d’après pour voir s’il est rentré dans nos stocks. Mais c’est vrai que l’envie de lire c’est vraiment un instant T : « On me l’a conseillé, est-ce que vous l’auriez ? » etc.

Audrey – Le tout est de s’adapter à tous les lecteurs.

Une dernière chose à dire ?

Ne pas se cantonner à un style !

Aya

Il n’y a pas de bon ou de mauvais lecteur !

Audrey

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